Mes outils pour filer en douceur

Si vous êtes passionné(e) par le tricot ou le tissage, vous avez certainement déjà pensé à créer vos propres fils et laines.

Laines de mouton moelleuses, de mohair ou d’alpaga vaporeux, fils de soie précieuse, fibres exotiques, couleurs naturelles ou chatoyantes …
Quoi de plus tentant que de créer ‘son’ fil. Celui qui correspond exactement au projet que nous avons en tête. Un fil de caractère, loin de l’uniformité du fil industriel. Un fil fait de belles matières, choisies par nos soins. Un fil écoresponsable qui respecte les bêtes et les hommes.

Alors, pourquoi pas vous ?

Mais avant de fondre dans l’univers doux et chaleureux de cette matière, il est essentiel d’avoir les bons outils sous la main.

Pour commencer à filer ses premiers fils, il ne faut pas nécessairement beaucoup d’équipements ni beaucoup de moyens : un simple fuseau et un peu de fibres du commerce suffiront à acquérir les premiers gestes.  Il existe de nombreux modèles de fuseaux; c’est l’outil le plus ancien, le plus économique et le plus transportable qui soit … mais c’est aussi le plus lent.

Impatiente que je suis, je n’ai jamais accroché avec le fuseau.  Je vais donc vous parler uniquement … du filage au rouet !

Crédit photo : Paul Michels – Freek Wolsink

Mon Little Gem ... une histoire d'amour

Tout commence par une histoire d’amour…   Par un stage de filage … Par un ‘ça à l’air chouette , pourquoi pas‘.

Allez savoir pourquoi car à l’époque je n’aimais ni le tricot ni le crochet !  Pas douée pour les travaux d’aiguille, j’en étais à peine au point mousse.

Mais j’ai été conquise. Par la finesse et la douceur des fibres. Par les infinies possibilités des mélanges de textures, de couleurs. Mais aussi par la précision du geste nécessaire aux nombreuses techniques de filage.

A l’occasion de ce stage, j’ai filé sur le Little Gem de Majacraft et c’est comme ça que petit-à-petit, d’essais en erreurs, de ratés en succès … je suis devenue sérial-fileuse.  Et ce n’est que le début : il y a tant à apprendre et à tester!

Ce que j'aime en lui ...

Le double pédalage : bien que ce rouet soit de petite taille, la position est naturelle et le pédalage est très fluide et très confortable.  Il me permet de travailler de longues heures sans fatigue et de contrôler finement la vitesse de rotation et les arrêts-démarrages.

L’orifice delta de l’épinglier standard : j’ adore.  Simple et efficace : pas besoin de crochet pour passer le leader, pas de laine fantaisie qui se ‘coince’ dans l’orifice.

L’épinglier ‘wild’ : il permet toutes les fantaisies. Il est équipé d’un orifice très large, conçu pour laisser passer des fils fantaisie très épais et très texturés sans blocage.  Sa largeur s’accorde avec les bobines jumbo de grande capacité.

Le guide-fil glissant : il permet une répartition très homogène du fil;  il suffit de le pincer et de le déplacer au fur-et-à-mesure du remplissage de la bobine.   C’est aussi un gros avantage pour filer des fils fantaisies : pas de risque de se coincer dans les crochets.

Il est compact : sa taille réduite est un gros avantage quand on a un atelier – légèrement – encombré… Je lui ai bricolé une planche à roulette pour le déplacer et le ranger plus facilement.

Il est pliable : il est livré avec une housse matelassée et je peux facilement le transporter lors des différentes foires et événements.

… et en plus il est joli : d’un design fin et moderne, il est fait dans un beau bois blond de Nouvelle Zélande.

... et ce que je n'aime pas

Le changement de courroie de l’entrainement primaire ... La première fois, c’est une vrai galère pour sortir l’axe du roulement. Je dois avoir regardé cette vidéo au moins 10 fois avant de me lancer. Heureusement, les courroies sont assez solides et durent longtemps. Les courroies de remplacement Majacraft sont prêtes à l’emploi.  Mais il est également possible d’acheter ses courroies ‘au mètre’ : elles se ‘collent’ avec une simple bougie chauffe-plat.

Il est très pliable … et il aime le montrer … Il faut bien veiller à serrer la sécurité à fond, sinon l’axe vertical bascule en avant de tout son poids sur l’épinglier. C’est du vécu : j’ai éclaté un épinglier delta et un wild comme ça. Maintenant, croyez-moi, je fais bien attention.

Le Little Gem correspond à ma technique et aux fils que j’aime créer : dodus parfois à l’excès, fantaisies.  Ce ‘j’aime/j’aime pas’ n’est que mon humble avis, basé sur mes retours d’expériences.  La seule chose que je puisse vraiment conseiller c’est : essayer, comparer, toucher. Et l’essayer, c’est souvent l’adopter.
Les outils complémentaires
Le cantre ou lazy kate

Le lazy kate est un petit outils de conception simple mais quasiment indispensable car il permet de maintenir et laisser tourner les bobines lors du retord (plying) de plusieurs fils (single) ensemble. Il existe plusieurs modèles : horizontaux, verticaux ou en biais pouvant supporter de 2 à 4 bobines. Certains modèles sont freinés et d’autres pas.

Le Little Gem est fourni avec un lazy kate de voyage (démontable) à deux positions. 

J’ai bricolé ma propre version à trois positions.  Non pas que je fasse beaucoup de retords à trois fils mais surtout parce que j’ai calculé les écartements des axes pour pouvoir accueillir (et ranger) à la fois mes bobines normales et mes jumbo (a l’origine, je pensais fabriquer un modèle freiné, mais à l’usage le frottement de l’axe suffit).

Il existe de nombreux modèles de lazy kate; chacun a ses avantages et ses inconvénients (et son prix) et chaque fileur/fileuse a ses préférences. Cependant il faut savoir que l’orientation des axes et des bobines peut influencer le retordage. D’une part il est conseillé de faire sortir le fil verticalement par rapport à l’axe de la bobine sous peine de modifier la torsion du single ou même de faire frotter les fibres sur le bord de la bobine si le lazy kate est posé par terre et que le fil sort parallèlement à l’axe. Les lazy kate verticaux possèdent souvent un Å“illeton pour guider les fils. Personnellement, j’installe mon lazy kate sur un support, à hauteur du flyer. D’autre part, dans les modèles horizontaux et de biais, la friction que la bobine exerce sur le support agit comme un frein, améliore le contrôle et évite que les bobines ‘tournent folles’ et que les fils s’entortillent.

L' écheveaudoir ou niddy noddy
Autre petit outil simple et indispensable, le niddy noddy permet d’enrouler la laine filée se trouvant sur une bobine et d’en faire un écheveau (skein). Le fil peut alors être lavé, teint ou stocké sans craindre les emmêlages désagréables. Le niddy noddy permet également de mesurer assez précisément la longueur de fil (pour les matheux … nombre de tours complets x longueur du niddy noddy = longueur totale). Je possède quatre niddy noddy de tailles différentes.  Luxueux, me direz-vous mais pas vraiment car chacun a son utilité.  Les deux premiers, de la marque Kromski, sont en bois tourné. J’aime la forme ergonomique de leur tête et leur légèreté. Le troisième, tout petit et démontable, me sert principalement pour les échantillons (je l’ai imprimé sur mon imprimante 3D).  Et quand je fais des teintures, je me sers du grand modèle en plastique (tubes électriques de récup’) pour ne pas ‘marquer’ mes deux Kromski en bois.
Le dévidoir et la pelotonneuse

Ces deux accessoires complémentaires permettent de transformer un écheveau (du commerce ou fait-main) en pelote.  En bois ou en plastique, petit ou jumbo, la pelotonneuse fait des pelotes cylindriques (cake).  J’aime beaucoup les cakes car ils permettent de faire des teintures créatives.  Je n’ai qu’un petit modèle et j’aimerais en acquérir un plus grand car la capacité de mon bobinoir ne me permet pas d’utiliser mes laines wild  ou très gonflantes.

Le dévidoir est pratique mais pas indispensable car ils peut être remplacé par un dossier de chaise ou les deux bras patients de votre chéri(e)…  J’ai fabriqué ce modèle de dévidoir ‘style Amish’ car il est plus simple que le modèle parapluie, il est démontable, réglable et peux coûteux à réaliser.   Mais il est aussi plus encombrant à utiliser et à ranger.

Le reste, en vrac ...
  • Une pince à linge (en bois) pour maintenir le fil en tension sur l’épinglier quand je dois interrompre mon filage.
  • Une jauge à laine qui permet  de mesurer sa finesse (wpi – wraps per inch) et son angle de torsion.

Et c’est tout…  

Ces outils correspondent à ma pratique et aux fils que j’aime filer.  Mais il existe dans le commerce de nombreux autres accessoires et équipements : du fuseau au rouet électrique,  de la bobine dentelle à la bobine jumbo, du cantre de voyage au cantre vertical freiné … Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. 

A vous de découvrir – ou de créer – les outils qui vous conviennent.

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